Carnet de Voyage

Voisinage difficile  (Patchocks)

Au centre de cette terre sauvage se trouve une immense forêt et je vous invite à y pénétrer. Assez vite la canopée bloque les rayons du soleil et seul votre instinct vous guide à travers ce dédale vert. Après un temps qui vous parait une éternité, une lueur au loin vous guide vers un village. Passé les premières habitations, vous devinez une place sur laquelle un feu rassemble une dizaine de personnes. Tendons une oreille indiscrète dans cette discussion et écoutons ce que les Patchoks ont à dire. Tous se taisent lorsqu'une femme âgée prend la parole. Il s’agit de Zita, l’actuelle Orak à Kapok.
« Lorsque j’étais petite, j’ai eu la chance d’accompagner mon oncle Orak de la Terre dans un voyage vers le Nord. Le but de notre expédition était de solliciter l’aide des Méhens sur un problème de botanique qui dépassait les compétences de mon oncle. Malgré mon jeune âge, j’ai été impressionnée par la sagesse de mon oncle qui a su reconnaître les limites de sa magie et qui a préféré aborder le problème sous un autre angle en puisant dans ce que les Méhens nomment « Science ».

Encore maintenant, je garde un mauvais souvenir de notre sortie de la forêt. 
En effet, nous avons rapidement rencontré des tribus sauvages qui n’ont eu de cesse de nous harceler et nous malmener. La diplomatie et les palabres se révélèrent souvent beaucoup moins efficace qu’une démonstration des talents de mon oncle et de notre groupe. Les semaines de marche qui suivirent furent entrecoupées d’escarmouches jusqu’à ce nous trouvions finalement refuge auprès d’une caravane Haslar qui avait fait halte. Ce premier et bref séjour parmi eux fut fort enrichissant pour moi et aussi pour mon oncle qui, contre un marchandage très serré, réussit à obtenir des nouvelles de tous les environs, une route sure jusqu’à la prochaine caravane ainsi que les zones à éviter à tout prix. Cela restera toujours un mystère pour moi : comment ces gens parviennent à connaitre la localisation de leurs congénères ? J’appris plus tard sur la route que le prix payé par mon oncle pour ces informations était largement en notre défaveur ; première leçon, les Haslars sont redoutables en affaire.
Deux mois après notre départ, mon oncle me fit remarquer que nous arrivions en territoire Tyr Na Nog. Je lui demandais comment il pouvait en être sur. Il me répondit qu’il y avait deux signes qui ne trompaient pas : les tribus sauvages sont plus violentes et il n’est pas rare de trouver les trous à flanc de montage signalant la présence d’une mine. Nous avons traversé une zone habitée et je garde le souvenir d’un peuple rude mais respectueux.
Il nous fallut plusieurs mois pour attendre notre objectif. Nous avons perdu quelques membres de notre groupe au rythme de mauvaises rencontres mais les échanges avec les Méhens dépassèrent nos attentes. »

Après une gorgée de liqueur de sève, Zita continua :
« Une dizaine d’années plus tard, comme nombre de mes congénères, j’ai dû mettre ma quête de savoir entre parenthèses. En effet, nous avons dû traiter un mal que nous avions trop tarder à prendre au sérieux. Nous avions trop longtemps toléré que nos voisins du Sud saccagent et massacrent la partie de la forêt se trouvant au-delà du fleuve. Mais tout à basculé le jour où ils ont mis un pied sur notre rive pour dévaster notre foret. Nous avons déversé notre colère et nous avons pris les armes et craché notre magie et ils ont répliqué avec ce qu’ils appellent de la « technologie ». Les pertes furent si lourdent des deux côtés que je me demande encore qui peut bien avoir gagné cet affrontement ? Au moins nous avons stoppé la progression des ces enfants de Brön mais ils continuent leur triste ouvrage dans les zones que nous surveillons le moins. Ce jeu du chat et de la souris dure depuis tout ce temps que je ne vois pas d’issue. »

Un homme se lève pour raviver le feu et Zita en profite pour reprendre son souffle.
Sur un ton plus doux, elle poursuit son récit :

« Bien des années plus tard, je parvins à la conclusion qu’il était écrit que je serai la prochaine Orak à Kapok. Néanmoins je me rendis compte que ma connaissance à ce moment n’était que le reflet d’une tradition longue de plusieurs siècles et je réalisais qu’il fallait que je m’ouvre à d’autres notions pour pouvoir espérer inscrire les Patchoks dans le nouvel Age. Grace à mes rencontres avec les autres peuples, j’acquis la conviction que la réponse se trouvait dans les archives de la capitale de Hyom. Une année passée au côté de ce peuple surprenant me permis d’entrevoir de nouvelles voies pour développer et peut-être transcender nos arts. Cette période me permit aussi de réviser mon jugement sur ces voisins si discrets que sont les Hyom. Ils ne sont pas si renfermés sur eux-mêmes, ils n’ont juste pas besoin, au moins du point de vue spirituel, de se confronter aux autres puisqu’ils sont certains que leur dieu est absolu et que toute autre voie est pure perte de temps. S’ils savaient ce que nous savons, peut-être sortiraient-ils de leur montagne mais je pense que je ne verrai pas cet Age. »

En se levant et en sortant du cercle elle ponctue par :
« J’ai vécu tellement de situations cocasses chez les Hyoms que nous pourrions en parler toute la nuit mais je suis fatiguée et il se fait tard. Rentrez chez vous, et dormez. Que Kapok guide vos rêves. »

Galerie de Pachoks

L'initiation des Chasseurs d'Essence (Enfants de Brön)

En suivant le fleuve « Alapine » qui marque la séparation théorique avec le territoire des Patchocks, nous tombons sur la petite bourgade de « Minsk ». Loin d’être une grande ville, cette bourgade est un lieu stratégique pour Brön.. 
En effet, c’est une des principales villes-avant-poste de l’exploitation forestière mais surtout, le lieu de rassemblement des jeunes « détectés » aux premiers frimas de l’hiver.
Ce lieu est en effet le point de rassemblement et de départ de ces jeunes un peu spéciaux vers une destination inconnue, et le début de leur initiation de chasseur d’essence…
Ce grand départ est l’occasion de grandes festivités sur plusieurs jours où la population locale célèbre ces jeunes qui seront amenés un jour à prendre de très hautes fonctions. C’est aussi pour ces quelques « élus » l’occasion de s’engaillardir une dernière fois avec les spécialités fermentées locales…

Etre un chasseur est un privilège, mais aussi une grande responsabilité, et leur espérance de vie est fort courte. En partant du principe qu’ils ont survécu à l’initiation…
Ce soir, la nuit est froide et la fête dans la taverne bat son plein. Entrons, prenons une choppe et asseyons-nous a une table. C’est un petit groupe de mineurs détachés de Tyr Na Nog qui nous fait une place. Enfin… mineur ou combattant, on ne sait jamais vraiment avec les tyrniens, mais ce sont de bons vivant, dans tous les cas.
Un jeune garçon, la quinzaine tout au plus crie plus fort que les autres pour attirer l’attention et commence son histoire.
« Taisez-vous et laissez-moi vous compter une des aventures de Vlad. Je la tiens de mon oncle qui la tient de son beau-frère qui a personnellement connu un des compagnons de Vlad. A cette époque Vlad n’avait pas encore 30 ans, il était déjà chercheur d’essence mais sa renommée n’avait pas encore atteint son apogée, loin de là ! Il avait été sommé par le maitre de corporation des Rafistoleurs de se joindre à un corps de soignant supportant une exploration forestière qui devait remonter vers le nord en territoire Méhen. 
Les rafistos avaient horreur de reconnaitre la supériorité des soigneuses de Méhen quand il s’agit de réparer les corps mais quelques-unes les accompagnaient justement. Elles profitaient du déplacement pour retourner chez elles et leurs talents ne furent pas de trop : l’extraction forestière de l’autre côté de l’Alapine coutait très cher en hommes et nous n’arrivions plus à suivre le rythme des blessures du travail et des combats.
L’objectif de la mission d’exploration était avant tout revenir avec de nouvelles techniques d’abattage pour améliorer le rendement et de nouvelles cartes d’exploitation pour la corporation des Bois. Vlad, le chasseur le plus expérimenté, devait accompagner, guider le groupe et évidemment revenir avec une quantité d’essence importante, les lieux n’ayant encore jamais été analysés.
Le trajet fût long mais le groupe profita de « l’hospitalité Tyr Na Nog » pour couper le chemin et commercer. Grace aux cartes et relations de Vlad, les mauvaises rencontres furent peu nombreuses et le trajet dura moins de 4 mois. Entre les quelques escarmouches et les nombreuses séances d’abattage, il y eut beaucoup d’occasion pour les rafistos de s’exercer et améliorer leurs techniques eux aussi, sous les quolibets des Mehenites qui les traitaient d’amateurs et de bouchers…
Vlad profitait alors de chaque arrêt pour fureter dans la forêt en quête d’essence et il en trouva, beaucoup même ! De quoi remplir 5 Traks en une seule fois! Vous vous rendez compte ?
D’après mon oncle, sa légende aurait déjà pu s’établir ici, habitué à ce genre de prise record qu’il ramenait en triomphe à Brönitsva. Mais c’est sur le trajet du retour qu’il accompli un de ses plus grands exploits. Evidemment, jusque-là le groupe avait joué d’une chance exceptionnelle, alors quoi de plus normal que d’enchainer les embuches en rentrant vers Capitale-Usine.
C’est en quittant les terres de Tyr Na Nog qu’ils furent encerclés et attaqués par la tribu du Crâne-Opale, l’une des plus agressive des mauvaises terres. C’était d’ailleurs une embuscade bien préparé, ils étaient facilement 4 contre 1 et bien armés. Si nos frères avaient eu dans leur rang plus de Tyrniens ou mieux, quelques-uns de nos Sapeurs, le nombre n’aurait pas été un problème dans l’équilibre des forces.
Alors la bataille pencha rapidement en faveur des Sauvages ce qui força Vlad à intervenir. Ce n’est pas la première fois qu’un chasseur pratiquait l’Iloko, mais en plein combat, de mémoire de Bröniens, si… Et comme la situation était désespérée, il y sacrifia tout un trak d’essence, un complet !
Grace à sa longue expérience, Vlad réussi à suffisamment canaliser le flux pour anéantir les sauvages sans faire trop de dégâts dans nos propres rangs. Et plus dingue encore, il n’y perdit qu’un bras lui-même ! Et ça… même les Méhénites ne purent rien y faire.
Les maitres de Corporation ont expliqué par la suite que ce résultat était malheureusement prévisible et que Vlad avait eu de la chance de parvenir à maitriser l’Iloko a ce stade : Le bilan aurait pu être bien pire. Néanmoins la mission fut un succès et grâce au butin nous avons pu prolonger la machine, dévier 2 rivières et doubler notre production dans les forges.
Mon oncle dit que le conseil a souhaité élever Vlad après cela mais qu’il aurait refusé »
A la suite de ce récit, écouté religieusement par l’assemblée, nombre de ces jeunes se moquent d celui qui a pris la parole sous le prétexte que l’histoire est erronée. Chacun vantant une relation de son entourage connaissant la vraie version mais tous ont cependant un point commun : l’œil brillant d’excitation à l’évocation de ce personnage illustre …

Plus tard, une femme pousse la porte de l’auberge et le silence revient en un instant. Nos voisins de table échangèrent quelques messes basses et l’un d’entre indique que cette femme est une des instructeurs qui va prendre en charge la nouvelle promotion de détectés.

Elle bouscule un groupe de jeunes gens, monte sur un tabouret et parle d’une voix forte :
« Ecoutez-moi tous ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Zoya la chercheuse. J’ai déjà 41 hivers derrière moi alors quand je vous donne un conseille, considérez-le comme un ordre ! Demain nous partons ! Embrassez vos mères et vos fiancés car d’une façon ou d’une autre vous allez changer de vie. Pour ceux qui réussiront le test, vous deviendrez Chercheur, les autres… dites-vous que l’échec n’est pas une option ! Je sais que vous fantasmez tous sur Vlad mais dites vous que cet homme est une exception et recourir à l’Iloko aussi souvent que lui est une pure folie ! Vous allez vous tuer et tuer vos compagnons, c’est tout !
Maintenant pour votre formation, le programme est simple : nous allons commencer par aller en territoire Hyoménite. Si en cette saison hivernale vous parvenez à suivre la marche pendantr un ou deux mois et que vous survivez à leur mode de vie d’acètes, ce ne sera qu’un premier pas. La suite, pour ceux qui resteront, se déroulera aux cités jumelles Haslar. Là-bas vous y apprendrez les subtilités de notre profession et vous comprendrez mieux ses applications. Pour terminer, au terme de plus d’une année, nous reviendrons sur nos terres. Vous comprendrez alors votre rôle dans notre société et comment vous intégrer pour servir la nation. Vous ne serez pas maître, mais des serviteurs, souvenez-vous-en ! »

Sur ces dernières paroles elle tourne les talons et quitte la taverne. Les jeunes détectés ont perdu un peu de leur entrain et nombre d’entre eux commencent à sortir.
La nuit est noire mais les villageois s’affairent aux préparatifs de la fête du départ de main. Elle sera somptueuse mais les mots de Zoya résonnent encore entre les murs. Les mères serrent leurs jeunes contre elles. Cette nuit sera la dernière avant de changer de vie.

Le lendemain, les jeunes sont prêts, paquetage ficelés et en formation derrière Zoya. Le Bourgemestre prend la parole :
« Mes amis. Avant de donner le départ de la fête qui coïncide avec la mise en route de la colonne de Zoya, je voudrais juste donner une recommandation. A tous, qui êtes venus ici à Minsk pour saluer le jour du grand départ, et quand la fête sera finie, vous prendrez la route pour retourner dasn vos usines. Faites attention, la zone proche de la ville est surveillée en permanence, mais nous sommes tout de même harcelés par ces sauvages de Patchoks. Pour d’obscure raisons, ils ne tolèrent pas notre mode de vie et attaquent à vue nos gens et nos équipements. Le pire est advenu la semaine dernière : un camp avancé de bucherons a été totalement rasé, sans victime heureusement. Nous essayons de parlementer avec eux mais ils restent sourds à nos offres. Alors je vous en prie, vous tous, soyez prudents. Les bois ne sont pas surs, nous le savons mais les abords de l’Alapine ne le sont plus non plus. Nous attendons une cohorte de sapeurs depuis des mois pour leur envoyer un signal fort mais la capitale tarde à répondre. Maintenant place à la fête. ZOYA ! EN ROUTE ! »

Galerie de Bröniens

Eminences (Disciples de Hyom)

Pavid baisse finalement les bras.

Ce n’est pas la première fois que nous assistons à ce rituel de bénédiction de bon matin mais il était étrangement plus long que d’ordinaire. D’habitude, je n’ai pas le temps de finir mon fruit qu’il est déjà fini.

Je n’ai cependant pas le temps non plus d’interroger mes hôtes que je les vois déjà courir en tous sens, comme pressés. Ce jour n’est décidément pas le même que les précédents.

Seul le prêtre semble rester calme et son regard se porte attentivement vers le sommet de la vallée.C’est sur l’invitation de mon ami le Ker légat Vitaar, que j’ai mené la caravane ici à Arför. Lieu où s’entasse l’essentielle de la production de soierie Hyoménite à destination du commerce, et c’est un grand mot. Les Hyoménites n’ont pas besoin de grand chose pour vivre, alors ils font rarement du surplus...

J’avoue que je ne suis tout de même pas déçu du séjour, j’ai plus appris en une semaine ici sur la culture du coton et de la soie qu’en écoutant tous mes précepteurs durant des années à Kirsha.

Pavid se déplace finalement, je le sens tendu, ce qui est totalement inattendu venant de sa part. Autant que je puisse en juger, rien ne contrarie les Hyoms, alors inquiéter un de leur représentant du culte, cela devient des plus étrange…

Je distingue quelques silhouettes à l’horizon dans la direction où il regardait, dont une, non.. deux en noir. Nous allons de surprise en surprise, je n’ai pas souvenir d'avoir vue cette couleur déjà portée ici.

Après un moment, et suite à la rumeur, tout le village s’est regroupé sur la place des célébrations. Les éminences en noires sont là aussi, escortées de plusieurs portes-pavois qu’ils nomment Gardiens du Sanctuaire. J’avoue ne pas encore avoir compris en quoi des combattants aussi lourdement armés pouvaient bien leur servir. C’est comme s’ils se préparaient toujours au pire alors qu’il n’y a que la sérénité dans ces vallées.

Ah… Je crois que Pavid va parler ;

  • “Communauté d’Arför ! Les Liniens nous apportent de grandes nouvelles, nous sommes honorés une fois de plus par Hyom !”

L’inquiétude générale semble laisser place à la liesse populaire, je sens comme un poids qui se lève jusqu’à l’intervention d’une femme au visage grave ;

  • “ Liniens ! Mes fils Arnor et Filip ont fait le Choix il y a déjà deux lunes de cela, et je n’ai toujours pas de nouvelles. Ont ils survécus ?”

Je ne sais pas bien de quoi elle parle, mais le silence est d’un seul coup écrasant. Je vois les deux encapuchonnés en noir s’échanger un regard et le plus chétif s’avance ;

  • “Tes fils ont fait le Choix et Hyom leur à choisi un autre chemin”.

Sa phrase n’était pas finie que la femme explosait déjà en sanglots quand le second s’approcha lui aussi.

  • “Réjouies toi cependant, car leur destin est grand, ils sont tous deux appelés à devenir mes frères.”.

Je ne savais pas que les Hyoménites pouvaient crier, mais là je suis servi. Je vois mes compagnons de caravanes aussi étonnés que moi, mais je n’ai pas le temps de les consulter, Pavid reprend la parole ;

  • “Mes amis, calmez-vous ! Je sais à quel point cette nouvelle vous réjouit et vous étonne. L’arrivée de nouveaux Liniens est déjà très rares, peut-être une fois par génération. Et que deux personnes de même sang le deviennent, cela ne s’est jamais produit”.

C’est alors que les deux Liniens reprirent la parole simultanément, comme d’une seule voix : “Tes enfants sont désormais ceux de Hyoms et tu les reverras marchant sur cette terre. La résurrection a eu lieu dès le second jour du Choix et Absalone en personne leur transmet l’Enseignement”.

Nouvelle stupeur dans les rangs. Les Hyoménites s’échangent des messes basses empressées et le canon continu  ;

  • “Vous célébrerez la bienveillance de Hyom dès ce soir jusqu’à notre retour dans un cycle pour l’honneur qu’ils nous fait. Vos efforts sont grandement appréciés et vous êtes dans le Chemin.”

Sur cette conclusion rituelle, la foule se disperse et retourne à ses travaux sous l’autorité de Pavid.

Il nous fait signe et nous invite à le suivre vers les deux hommes en noir et la femme toujours en pleurs ;

  • “Approchez-vous et faites silence, vous allez avoir le privilège d’assister à une démonstration des pouvoirs de Hyom”.

Les “Liniens” donc, parlent toujours en coeur à la femme quand nous arrivons. Maintenant que je les vois de près, ils m’impressionnent autant qu’ils m’étonnent. On dirait deux cadavres qui parlent. Seuls leurs visages et leurs mains sont apparents. Leur peau est diaphane avec les veines qui ressortent bleutées et leurs yeux sont comme absents… ternes et hors d’âge.

  • “Veux-tu parler à tes fils une dernière fois ? “

Entre deux sanglots, la mère hoche la tête. C’est alors que nous voyons que les yeux des deux Liniens émettent une lueur l’espace d’un instant et leurs voix se muent instantanément en celles de deux autres personnes, presque celles d’enfants je dirais, tout en arrêtant leur duo :

  • “Bonjour mère”

  • “Bonjour maman”

Les sanglots repartent de plus belle.

  • “Ne soit pas triste, nous sommes auprès de Hyom.”

  • “Sois heureuse, le Choix nous a été ouvert.”

J’ai de la peine pour cette femme, j’ai l’impression qu’elle ne ressent aucun soulagement.

  • “Avez-vous tout ce qu’il vous faut, quand pourrais-je vous voir ?”

  • “Nous nous reverrons, tout va bien”

  • “Nous portons la voix de Hyoms, rien ne peut nous arriver désormais”

L’éclair apparut à nouveau dans les yeux pâles et le duo repris avec leurs voix d’origine ;

  • “Tes enfants ne sont plus les tiens, ils arpentent le Chemin désormais”.

 

Quand tout fut fini, je questionnais Pavid et plus tard Vitaar sur cette expérience. Le premier m’expliqua que devenir Linien impliquait de mourir puis d’être ressuscité, littéralement, par l’intervention de Hyom en personne. Cela signifiait aussi que les deux jeunes ne seraient plus jamais les mêmes car les Liniens ont une vie à part.

Le second m’avoua que, sans avoir connaissance d’un tel événement, il savait que nous rencontrerions ces étranges personnages et leurs capuches sombres et miteuses. Et qu’il savait que ce genre de connaissance pourrait valoir de l’or pour nous Haslar…

En conséquence, il m’a négocié un rabais sur les denrées que nous amenions pour échange.

Je crois que les Hyoménites sont bien moins altruistes qu’ils aiment à le laisser penser et que leur maitrise des usages étrangers est bien moins incomplet qu’il n’y parait.

Sacré Vitaar, cela fait plusieurs fois qu’il me fait le coup. C’est comme s’il anticipait mes besoins, avant même de connaître ce que je lui apporte avec la caravane….

Enfin, c’est toujours fructueux de venir si loin dans leurs montagnes.

Mes passagers s’impatientent et mes coffres regorgent de vêtements richement colorées issus de ce peuple toujours plus surprenant. Demain, départ pour Capitale-Usine, vers beaucoup plus d’agitation.

Galerie de Hyoménites

Hier soir donc, la petite Livia, dont je partage la chambre, ensevelie sous plusieurs peaux de moutons, ne parvenait pas à trouver le sommeil.

Depuis que nous étions allongées, nous entendions régulièrement la porte de la maison s’ouvrir. Accompagnée de pas feutrés dans la grande salle, de l’autre côté du mur, et des paroles, d’abord douces, puis de plus en plus animées.

Livia s’est alors levée, malgré les remontrances promises par sa mère au moment du coucher, et s’est approchée de la mince cloison. Elle a ensuite porté son oeil dans un interstice entre deux planches mal ajustées. Sa curiosité emportant la mienne, je me suis moi aussi collée à la cloison.

 

Nous vîmes alors Halda. Sa chevelure, tressée sur le côté tombait négligemment sur sa robe constituée de drapés infinis. Livia sourit, elle ressentait toujours la même admiration en la voyant. Près d’elle, nous découvrîmes ensuite plusieurs femmes. Je ne les connaissais pas toutes, certaines nous tournaient le dos, mais je reconnus Iolana, la soeur de Livia. Déjà arrivée dans sa quinzième année, elle préparait des onguents à une table près du feu. Elle m’avait expliqué qu’elle avait été missionnée pour terminer les lots que l’on remettrait le lendemain à la caravane Haslar. Celle-ci se chargeant de les revendre de par les routes.

  • “Puis-je aller me coucher mère ?” demanda alors Iolana.

“Je ne vois plus le bout de ces pots, et nous en tirerons un meilleur prix si nous les vendons nous-mêmes !”

Pour toute réponse, elle eut un regard froid et une phrase qui n’attendait aucune réplique :

  • “Ce sont les affaires ma fille, ce contrat est passé avec les caravaniers depuis des années, ce n’est pas toi qui fera changer les choses, reste attentive”.

Je m’aperçus que Livia, loin de ses couvertures, commençait à grelotter. Mais elle ne quitta pas son poste pour autant. Le regard sombre de sa mère nous fit vite comprendre que quelque chose d’important était en train de se nouer de l’autre côté.

L’une des femmes qui nous tournait le dos prit alors la parole :

  • “Halda, es-tu sûre de toi ? Je ne peux pas croire que mon Wito m’ait caché cela ! Ils ne peuvent pas !”.

L’espace d’un instant, je sentis Livia se figer, sa mère venait de jeter un regard fixe vers notre cloison...

En fait, Halda réfléchissait :

  • “Ecoute Flora, je n’invente rien. Tu les as bien vus, avec leur air supérieur. Ils magouillent dans la forêt pendant que nous trimons toute la journée, que nous écumons les routes pour vendre nos onguents et nos cataplasmes ! La dernière fois que nous sommes allées chez les Tyrniens pour soigner les mineurs, l’un d’eux nous a confié que les Patchoks, ces mages de pacotilles, étaient en route pour chez nous. Qui, parmi vous, mesdames, a croisé l’un de ses représentants ?”

Le silence s’imposa dans la pièce. Iolana était restée comme figée dans le temps, la main au-dessus d’un bocal. De sa cuillère l’onguent tombait par petites gouttes sur la table.

  • “Iolana, arrête de rêvasser veux-tu ? Reprenons ! Ils pensent que nous ne sommes pas capables de faire mieux, mais si nous nous allions aux Enfants de Brön, nous aurons accès à d’autres techniques, et nous pourrons les surpasser. Nous avons déjà étudié les corps, nous savons comment ils fonctionnent. Nul besoin de consulter les hommes pour faire avancer la science !”

Le ton utilisé par Halda était dur, convaincu. Mais une voix douce et fluette osa pourtant lui répondre :

  • “Halda…”

Livia me chuchota qu’il s’agissait de sa tante, Carola, la soeur de son père.

  • “Nous ne pouvons pas rivaliser avec eux. Et puis n’est-ce pas contre-nature de vouloir prendre le contrôle à ce point sur le vivant ?”

  • “Ah nous y voilà, tu vas commencer à parler comme ces imbéciles de prêcheurs de Hyom ! Tu n’aurais jamais dû aller là-haut pour vanter nos produits ! Je savais que ton esprit était trop faible pour résister à leurs doucereuses paroles !”.

Il y eut comme un courant d’air froid qui saisit toute la pièce

  • “Halda, tu ne devrais pas avoir ces propos…”

C’était Camilla, mama Camilla, la grand-mère de Livia. Comme j’avais déjà pu le constater, sa voix avait un pouvoir ; elle réchauffa l’atmosphère. Mais momentanément seulement, car les mots qui suivirent la glacèrent de nouveau

  • “Surtout devant ta plus jeune fille… N’est-ce pas Livia ?”

Le regard de Camilla était visiblement fixé sur la petite qui tremblait comme une feuille. Halda se leva d’un bond et avança vers nous d’un pas décidé. Livia était transie de froid et de peur en la voyant approcher.

Halda entra alors dans la chambre, prit sa fille dans ses bras et la ramena sur sa couche.

  • “Ecoute bien ma fille, tu es trop jeune pour te préoccuper de cela. Demain, nous améliorerons encore ta technique de pommade. Tu es douée pour l’alchimie. Dors maintenant.”

 

En se tournant vers moi, et comprenant que je n’avais rien raté de la scène, Halda ajouta :

  • “Les Méhenites n'ont pas pour habitude d’insulter leurs hôtes. Nous respectons profondément vos usages et vos préceptes sont toujours sages. J’espère ne pas vous avoir offensé par mes paroles.”

  • “N’aies crainte Halda, lui répondis-je avec un sourire. Je suis ici pour apprendre de nos différences, pas pour les juger. Telle est la voie de Hyom”.

 

Galerie de Méhens

Deux sociétés (Peuple de Méhen)

Cela faisait longtemps que je souhaitais venir étudier de près les usages des Méhenites.

Bien qu’ils protègent farouchement leur art de la médecine, ils sont finalement de très bons hôtes et ma requête officielle a été rapidement acceptée par le Conseil des Femmes. Ce sont elles en effet qui organisent le quotidien, et traitent avec l’extérieur.

 

En tant que femme étrangère, j’ai droit à un traitement de faveur. Je peux déambuler où bon me semble temps que je ne demande pas à accéder à leurs recettes, à consulter leurs ouvrages spécialisés ou à m’aventurer dans la profonde forêt.

Mais c’est la nuit que l’on mesure le mieux les spécificités de cette société véritablement scindée en deux.

Je suis aimablement hébergée dans une petite maison de Hatab, leur cité-état établie en lisière des bois. C’est d’ailleurs la demeure de l’une des femmes les plus influentes du Conseil et très tard hier soir, j’ai eu un nouvel aperçu des conséquences de leur culture.

La saison hivernale approche vite et chaque soir, c’est le même rituel ; Après les dernières leçons données par le Conseil des Femmes, les plus jeunes filles partagent le souper et chacune rejoint sa demeure et sa couche.

Les hommes sont absents depuis plusieurs jours, en dehors des maraîchers et des éleveurs. Je crois que quelque chose d’important se prépare, mais personne ne laisse transparaître son inquiétude.

Sur la route (Haslars)

J’entends encore ma chère mère me dire ;

  • “Vanya ! Ne pars pas avec ces nomades, ils n’ont pas notre conscience des autres et t”abandonneront dès qu’ils en auront l’occasion. Ou pire, dès qu’ils auront trouvé quelqu’un à qui te vendre !”.

J’espère pouvoir lui dire un jour à quel point elle se trompe… Cela n’a pas été facile de quitter la communauté mais c’est pourtant la première fois que j’ai l’impression d’avoir une famille. Une famille qui roule, qui grandit ou change en fonction des escales et qui sent la bouse de boss, mais une famille, une vraie. Que je n’ai pas à partager avec toute la mine et à qui je ne dois pas rendre des comptes sur ma production soir et matin.

Les steppes me manquent c’est sûr, mais m’engager comme guetteur dans cette caravane Haslar de Ur-Namu a été la meilleure décision de ma vie.

Je ne suis pas sûre du compte, peut être deux années déjà. Assez pour avoir vu plus de pays que n’importe lequel de mes camarades de Tyr. Et j’en découvre tous les jours.

 

Ce mois-ci nous devrions atteindre l’orée des basses terres de l’Est. Cawo, la maîtresse des potions m’a dit que c’était particulièrement dangereux mais qu’il n’y avait que là que nous trouverions les fleurs de Cephal. Ces plantes sont le principal ingrédient de l’anti-fièvre dont Namu à tant besoin en saison chaude, et un moyen essentiel à sa survie.

Je comprends maintenant pourquoi nous transportons autant de fourrure de ma contrée ; l’endroit où nous allons est tout le contraire du grand marais ; froid et sec à geler presque toute l’année. Les sauvages de ce territoire devraient être ravis de notre monnaie d’échange.

 

Cela fait longtemps que je me sens acceptée. J’ai vécu assez de galères au sein du groupe pour savoir que n'importe lequel se sacrifierait pour ma survie, tout comme l’inverse bien sûr. Pourtant, certains jours, je n’accepte plus qu’ils se permettent encore de parler leur langage en ma présence. Surtout qu’il ne veulent pas me l’enseigner et que je ne trouve aucune logique qui me permettrait de l’apprendre par moi-même.

“La langue des sages et des affaires” comme l’appelle Cawo. Et elle rajoute aussi souvent dans un sourire “et des bandits de la parole”.

Elle au moins m’a enseigné le sens de quelques mots Kawa, comme la parole rituelle qu’ils prononcent souvent après avoir réalisé une affaire ;  “Humata, Hukhta, Huvarshta”, “Bonne pensée, bonne parole, bonne action”. Je crois que c’est pour remercier les esprits de leur avoir été favorable.

Je n’ai jamais vu mes compagnons honorer un dieu comme je le fais avec Talmhainn le dieu souterrain, mais quelques soirs j’ai vu la danse des flammes.

Quand la nuit est claire et que le vent chaud souffle du nord, nous agrandissons le cercle de feu et faisons beaucoup de braises. Ensuite nous chantons et quand la nuit devient plus fraîche, le petit Biskit vient invoquer l’esprit d’Ahura.

C’est amusant que notre travailleur-forcé soit le seul à avoir ce don. Comme quoi un séjour en prison peut permettre de développer étonnamment ses talents.

Quand l'esprit lui répond, nous avons droit à un spectacle impressionnant de danse des flammes. Souvent on peut y voir des personnages qui s'entremêlent, semblent nous parler puis disparaissent en sautant.

Ces moments sont rares car nous ne les réalisons que quand la caravane ne comprend pas de passagers étrangers. J’y suis toujours très attentive, car pour ma part, je crois que c’est Smàlaidh qui essaye de nous raconter l’histoire de nos ancêtres.

C’est toujours un grand événement pour moi que ce spectacle, et une des nombreuses merveilles de ce peuple du voyage.

Mais j’ai quand même un regret, celui de ne pas avoir de vrai lit, ni d’en avoir croisé un depuis des mois. Même quand nous faisons escale dans une cité Haslar, nous restons surtout dans la caravane, à l’extérieur des murs.

C’est assez décourageant et à vrai dire, j’ai cru un moment que c’était parce que j’en faisais partie que l’entrée nous était interdite. Les Haslar des cités sont assez différents et sont moins polis que ceux bien plus nombreux qui parcourent le continent.

En fait, j’ai pu me promener à ma guise dans les ruelles, et même entrer dans certains palais. Incroyable ce que le commerce peut offrir comme choses inutiles. Mes anciens en deviendraient fou ! Dans la steppe, nous n’avons pas, besoin de 150 épices pour accomoder le vin, ni de 80 coussins pour dormir confortablement… Surtout que cela n’appartient qu’à une personne ou au mieux à un clan qui vit dans les mêmes murs. Inconcevable de posséder tant...

 

Bref, les caravanes restent à l’extérieur parce que l’histoire des cités Haslar est ponctuée de grandes catastrophes, incendies et épidémies. À chaque fois que la concentration a été trop forte, la cité a failli disparaître.

Rien qu’à Ur-Namu, qui est la plus étendue mais la moins élevée des citées, il y aurait plus de 10 000 habitants entre les palissades ! Un vrai enclos à boss en plein rut…

 

Enfin, ce qui m’impressionne le plus, c’est le pouvoir que confère l’importance du sang chez les Haslars. Rien qu’un nom peut vous permettre d’exiger la mort de quelqu’un.

Ce droit ne s'exercent que dans les villes, où tout a un propriétaire, même l’eau de pluie !

 

Heureusement, nous n’y passons pas beaucoup de temps finalement et nous sommes vite repartis, sur les voies commerciales où en plein milieu de nulle part.

D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment Yacco nous mène toujours si sûrement. Alors que nous avons quitté le dernier chemin il y a déjà deux lunes et qu’il est le seul à avoir déjà fait le parcours… quand il avait 10 ans.

Il me faudra certainement quelques années de plus pour percer son secret.

Galerie Haslar

Hospitalité (Tyr Na Nog)

Arfan Plän - Analyste Corporation des Bibliothécaires

Analyse de comportement - Tyr Na Nog

 

Commande pour la Corporation des Métaux - Section spéciale forge expérimentale.

 

Entretien avec la première Contremaître Solka Bör - Corporation des minerais

 

Préambule : Le sujet est membre honoraire des Explorateurs du Minerais dont elle fut un des responsables de collecte chez Tyr Na Nog. Sa mission de contact et d’étude a été considérée comme une violation directe de nos accords bilatéraux en matière d’apprentissage technologique. La Contremaître vient d’être libérée de deux années de travail forcé en minage de profondeur pour vol de connaissance, usurpation d’identité et tentative de vol de secret métallurgique.

 

En quoi consistait votre mission première ?

  • Nos savants de la section spéciale m’ont chargée d’aller étudier les méthodes de travail de l’acier Tyrnien. Particulièrement leur système avancé de laminage à froid dont ils font leurs outils.

 

Quels étaient vos objectifs supplémentaires ?

  • Je devais établir un rapprochement commercial entre la communauté de Fanthang et le comptoir des Fers pour recueillir du minerai de grande qualité, pré-traité et purifié. Nous envisagions aussi l’installation d’un comptoir d’analyse directement dans la mine pour aider les mineurs Tyrniens à identifier les filons les plus riches.

 

Pourquoi avez-vous été choisie ?

  • J’ai précédemment participé à des campagnes conjointes de purification de bronze dont les Tyrniens de surface tirent leurs armes de jet. Mes contacts étaient francs avec un armurier renommé. Il s’agit d’un Moras, sorte de héros local pour sa capacité de production. Il aurait été capable avec son équipe de réparer la totalité des armes de la communauté chaque nuit de la grande guerre contre le Clan des Cassicans, leurs offrant une victoire définitive.

J’ai par ailleurs 1/18ème de sang Tyrnien et je pratique le culte de Talmhainn, leur divinité de la Terre.

 

Vous êtes religieuse ?

  • Je pratique le culte tel que la charte de la corporation des Métaux le recommande, sans perturbation de mon temps de travail.

C’est un héritage familial qui facilite également mes relations avec Tyr Na Nog. Vous savez qu’ils se méfient des personnes non croyantes.

 

Considérez vous votre mission réussie ?

  • J’ai atteint mon objectif principal au delà des attentes du Premier Cercle. Je suis capable de définir les procédés de base de sélection du minerais et de purification par fonte rapide.

Le comptoir des Fers a pu établir un contrat d’échange de barres standard enrichies contre des produits de premier niveau de la corporation des tissus.

L’installation de nos services d’analyse dans la mine est impossible. J’ajoute que les Tyrniens sont beaucoup plus avancés que nous ne le pensions dans la maîtrise de l’exploration minière. Nous pensions qu’ils nous avaient déjà démontré un grand savoir-faire, mais en vérité ils nous surclassent de beaucoup.

 

Par fonte rapide avez vous dis ?

  • Je ne sais pas expliquer le fonctionnement de leurs hauts fourneaux mais il est capable de rendre l’acier brut utilisable en moins de quatre jours. La matière en fusion n’adhère nullement à leurs creusets. Je n’ai vu aucun autre combustible de chauffe que le charbon minéral.

 

Vous avez conscience que cela n’est pas possible ?

  • Dans l’état de nos connaissances actuelles, certainement. Mon rapport fait état de mes constats. Je laisse à vos soins l’analyse.

 

Considérez vous que cette avancée est dangereuse pour nos installations ? Pour Capital-Usine ?

  • Les Tyrniens vivent en communautés importantes mais non suffisantes pour représenter un danger à long terme. Leur système de vote paritaire les empêchent de prendre rapidement des décisions à grande échelle.

 

Vous oubliez leur grande résistance physique et leur aptitude au combat ?

  • Tyr Na Nog est fondée sur le principe de respect des autres et toutes leurs ressources sont tournées vers la survie. Ils se battent beaucoup, mais surtout contre les tribus sauvages. Leur territoire n’est pas homogène comme le nôtre, il y a de grande zones sans aucun contrôle.

 

Comment pouvez vous en être si sûre ?

  • Je suis en vie.

Malgré qu’ils m’ont prise sur le fait à espionner leur plus grand secret, déguisée en messager, il ne m’ont pas exécutée comme nous l’aurions fait. J’ai eu droit à un procès équitable et mon Maître a pu librement participer au processus.

Les Tyrniens perdent trop des leurs dans le froid de la steppe ou dans la guerre pour se permettre de sacrifier des gens.

 

C’est de cela que vient votre captivité ?

  • J’ai eu le choix entre le travail forcé et le passage du rite du Mairsinn. C’est un rite religieux de survie où l’on doit survivre seul loin dans la zone nord jusqu’à ramener une larme de Ghealach. C’est une roche “laiteuse” qu’ils attribuent à leur dieu créateur.

 

Pourquoi avoir choisi le premier choix ?

  • Vous et moi ne sommes pas formés à la survie dans la steppe, ni encore moins au combat. Je ne sais pas même faire du feu, vous si peut être?

 

Revenons à votre libération. Pourquoi vous ont ils libérés ?

  • J’ai atteint le quotat paritaire.

Toutes les ressources produites vont à l’usage de la communauté. Les Tyrniens ont un système d’échange de valeurs basé sur la réciprocité et l’utilité. J’ai réussi à atteindre le seuil où le fruit de mon travail offrait plus que le préjudice évalué et les frais de nourriture.

Ils auraient pu me garder plus longtemps malgré que je n’ai jamais vraiment été en “captivité” mais à la place, j’ai eu droit à une cérémonie de remerciements. D’ailleurs j’ai depuis un titre de travailleur du rang qui m’octroie le droit de revenir travailler.

 

Pensez-vous que nous devons continuer d’entretenir nos relations avec Tyr Na Nog ?

  • Vous savez très bien que nous en sommes totalement dépendants. Ils sont les seuls à produire autant de nos matériaux de base !

 

Ne détournez pas la nature de ma question s’il vous plait.

  • Les Tyrniens sont contenus par leur région difficile et leurs voisins belliqueux. Malgré cela, ils sont quand même aussi nombreux que toutes les autres nations réunies. Ils n’ont aucune dépendance et sont habitués à résister à presque toutes les difficultés.

Ils n’ont pas d’animosité, mais ne supporteront aucune ingérence dans leur mode de vie.

 

Venez en aux faits.

  • Quand nous atteindrons leur territoire, nous devrons être fin prêts. Car ils nous détruiront.

Galerie Tyr Na Nog

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